La taxe de séjour est une taxe locale que le voyageur paie sur chaque nuit passée dans un hébergement touristique, et que vous reversez à la commune. Vous ne la payez pas de votre poche : vous la collectez auprès du client, en plus du prix du séjour, puis vous la transmettez à la mairie ou à l'intercommunalité qui l'a instaurée. C'est de l'argent qui transite par vous, pas un impôt sur votre revenu.
Beaucoup de loueurs confondent la taxe de séjour avec leurs impôts sur les loyers. Ce sont deux choses différentes. La taxe de séjour finance le tourisme local, par exemple l'office de tourisme et l'entretien des sites. Elle se calcule par personne et par nuit, selon un barème fixé chaque année. Ce guide explique qui la paie, comment la calculer en 2026, qui la collecte entre vous et la plateforme, et comment la déclarer sans se tromper.
Qui paie la taxe de séjour et à qui va cet argent ?
C'est le voyageur qui paie la taxe de séjour, pas le propriétaire ni la conciergerie. Vous jouez le rôle de collecteur : vous ajoutez le montant au prix de la nuit, vous l'encaissez avec le reste, puis vous le reversez à la collectivité. L'argent ne vous appartient à aucun moment. Le confondre avec votre chiffre d'affaires est une erreur classique qui fausse toute votre comptabilité.
La taxe n'existe que si la commune ou l'intercommunalité l'a votée. Toutes les communes ne l'appliquent pas, et celles qui l'appliquent fixent leurs propres tarifs à l'intérieur d'un cadre national. Deux logements identiques dans deux villes voisines peuvent donc afficher des montants différents. Le produit de cette taxe finance les dépenses liées au tourisme local, de la promotion à l'entretien des équipements. La première chose à vérifier est donc simple : votre commune a-t-elle instauré la taxe de séjour, et à quel tarif.
Régime au réel ou forfaitaire : quelle différence ?
Il existe deux façons de calculer la taxe de séjour, et ce n'est pas vous qui choisissez : c'est la commune ou l'intercommunalité qui décide, par délibération, laquelle s'applique. Renseignez-vous donc sur le régime en vigueur là où se trouve votre logement.
Au régime réel, la taxe se calcule sur les personnes réellement présentes. Vous multipliez le tarif par nuit par le nombre de voyageurs redevables, puis par le nombre de nuits. Par exemple, à 1 euro par personne et par nuit, un couple qui reste trois nuits paie 6 euros. C'est le régime le plus répandu en location de courte durée, car il colle à l'occupation réelle.
Au régime forfaitaire, la taxe ne dépend pas des voyageurs présents mais de la capacité d'accueil de votre logement. Elle se calcule sur le nombre de places multiplié par le nombre de nuits d'ouverture, avec un abattement selon la durée d'ouverture dans l'année. Dans ce cas, la taxe est due même si le logement reste vide, et beaucoup de loueurs l'intègrent alors dans leur prix. Le régime réel reste le plus courant chez les particuliers et les conciergeries.
Le barème 2026 selon le classement en étoiles
Le tarif par personne et par nuit dépend de la catégorie de votre hébergement et de son classement en étoiles. L'État fixe une fourchette nationale, avec un tarif plancher et un tarif plafond par catégorie, et chaque commune choisit son tarif à l'intérieur de cette fourchette. Le barème est réévalué chaque année selon l'inflation. Pour 2026, la revalorisation retenue correspond à un indice des prix de 1,8 pour cent.
Voici les fourchettes nationales 2026, par personne et par nuit. Palaces : de 0,70 à 4,90 euros. Hôtels, résidences et meublés de tourisme 5 étoiles : de 0,70 à 3,60 euros. Catégorie 4 étoiles : de 0,70 à 2,60 euros. Catégorie 3 étoiles : de 0,50 à 1,70 euro. Catégorie 2 étoiles et villages de vacances 4 et 5 étoiles : de 0,30 à 1,00 euro. Catégorie 1 étoile, villages de vacances 1 à 3 étoiles, chambres d'hôtes et auberges collectives : de 0,20 à 0,80 euro.
Le classement en étoiles n'est pas automatique : un meublé de tourisme doit en faire la demande. Sans classement, il relève d'une autre règle, détaillée juste après. Le classement a un vrai impact, car un logement classé se voit appliquer un tarif fixe en euros, souvent plus lisible qu'un pourcentage.
Hébergements non classés : le taux de 1 % à 5 %
Pour un hébergement en attente de classement ou sans classement, la taxe ne se calcule pas en euros fixes mais en pourcentage du prix. Le tarif est compris entre 1 et 5 pour cent du coût par personne et par nuit, hors taxes. La commune vote le taux exact dans cette fourchette. Comme beaucoup de meublés de tourisme en location courte durée ne sont pas classés, c'est souvent cette règle qui vous concerne.
Prenons un exemple pour rendre le calcul concret. Un logement non classé loué 120 euros la nuit pour deux personnes, dans une commune qui a voté 5 pour cent : le coût par personne est de 60 euros, la taxe est de 3 euros par personne et par nuit, soit 6 euros par nuit pour le couple. Le pourcentage s'applique bien au prix par personne, pas au prix total du logement.
Ce pourcentage a une limite haute. Le montant par personne et par nuit ne peut pas dépasser le tarif le plus élevé voté par la commune pour ses hébergements classés, hors palaces. En pratique, le plafond des non classés est donc borné par le tarif des 5 étoiles, soit au maximum 3,60 euros par personne et par nuit en 2026. Un logement haut de gamme et cher peut atteindre ce plafond, mais ne le dépassera jamais.
Qui est exonéré de taxe de séjour ?
Certaines personnes ne paient pas la taxe de séjour, et vous ne devez donc pas la leur compter. Ces exonérations s'appliquent au régime réel. La plus fréquente concerne les mineurs : toute personne de moins de 18 ans est exonérée. Pour une famille avec deux enfants, vous ne comptez donc la taxe que sur les deux adultes.
Les autres cas sont plus rares en location touristique. Sont aussi exonérés les titulaires d'un contrat de travail saisonnier employés dans la commune, les personnes bénéficiant d'un hébergement d'urgence ou d'un relogement temporaire, et celles dont le loyer est inférieur à un montant fixé par la collectivité. Dans la pratique d'un meublé de tourisme, c'est surtout la règle des mineurs qui joue.
L'oubli des mineurs est une source d'erreur très fréquente. Il faut connaître, pour chaque séjour, le nombre de voyageurs et combien ont plus ou moins de 18 ans, afin de n'appliquer la taxe qu'aux personnes réellement redevables.
Qui collecte et reverse : vous ou la plateforme ?
C'est le point qui crée le plus de confusion. Dans de nombreuses communes, quand une réservation passe par une plateforme en ligne qui encaisse le paiement, comme Airbnb ou Booking, c'est la plateforme qui collecte la taxe de séjour auprès du voyageur et la reverse directement à la collectivité. Vous n'avez alors rien à collecter ni à reverser pour ces séjours : la plateforme s'en charge à votre place.
En revanche, pour les réservations que vous encaissez vous-même, la responsabilité vous revient entièrement. C'est le cas des réservations directes prises sur votre propre site, des séjours réglés en direct, ou des plateformes qui ne collectent pas la taxe pour votre commune. Sur ces séjours, vous collectez le montant auprès du voyageur, puis vous le reversez à la mairie.
La bonne méthode est donc de trier vos réservations par canal. Pour chaque séjour, vous devez savoir qui a collecté la taxe : la plateforme, ou vous. Ce tri est la base de tout, car reverser à la commune une taxe déjà collectée par Airbnb revient à la payer deux fois. Un suivi propre par canal évite ce piège. C'est exactement ce que gère un outil comme le module de taxe de séjour de StayCore, qui sait sur quels séjours la plateforme a déjà prélevé.
Comment et quand déclarer en mairie ?
Au régime réel, vous devez tenir un registre des nuitées et reverser la taxe collectée à la commune aux dates qu'elle a fixées par délibération. Ces dates varient d'une collectivité à l'autre : certaines demandent un reversement unique en fin d'année, d'autres plusieurs fois par an. Vous devez donc connaître le calendrier propre à votre commune et vous y tenir.
Au régime forfaitaire, la logique change. Vous devez adresser une déclaration à la mairie avant le début de la période de perception, en indiquant la nature de votre hébergement, sa période d'ouverture et sa capacité d'accueil. C'est sur cette base que la taxe forfaitaire est calculée. Renseignez-vous en mairie sur le délai exact, car il est encadré et court avant l'ouverture de la période.
Dans les deux cas, le plus simple est de passer par le portail de déclaration en ligne mis à disposition par de nombreuses collectivités. Vous y déclarez vos nuitées et le montant collecté, ce qui facilite le reversement. Gardez toujours une trace écrite de chaque déclaration et de chaque reversement.
Les erreurs fréquentes à éviter
La première erreur, et la plus coûteuse, est le double comptage. Elle survient quand vous reversez à la commune une taxe qu'une plateforme a déjà collectée et reversée. Vous payez alors deux fois pour les mêmes nuits. Pour l'éviter, isolez toujours les séjours dont la taxe a été prélevée par la plateforme, et ne reversez vous-même que pour les autres.
La deuxième erreur est d'oublier les exonérations, en particulier les mineurs, ce qui gonfle le montant et crée un écart au reversement. La troisième est de se tromper de base pour un logement non classé : le pourcentage s'applique au prix par personne, hors taxes, pas au prix total affiché de la location.
La quatrième erreur est de figer un tarif de mémoire. Les taux changent chaque année et diffèrent d'une commune à l'autre : un montant juste l'an dernier peut être faux cette année. Reprenez à chaque fois le tarif voté par votre collectivité pour l'année en cours. Ces vérifications alourdissent vite la gestion dès qu'on a plusieurs logements dans plusieurs communes.
Comment un logiciel automatise le calcul de la taxe
Calculer la taxe de séjour à la main sur un parc de logements devient vite un casse-tête : tarifs différents par commune, régime réel ou forfaitaire, exonération des mineurs, séjours dont la plateforme a déjà collecté la taxe. Chaque paramètre est une source d'erreur qui se répète à chaque réservation. C'est typiquement le genre de tâche qu'un logiciel gère mieux qu'un tableur.
Un outil de gestion locative applique le bon barème selon la commune de chaque logement, distingue les voyageurs redevables des personnes exonérées, et sait quels séjours ont déjà été taxés par la plateforme. Il calcule alors, pour chaque réservation, le montant réellement dû, et n'inclut dans votre reversement que les séjours qui vous incombent. Le double comptage disparaît, car l'outil connaît le canal de chaque réservation.
Ce calcul se relie ensuite naturellement à vos documents. La taxe de séjour apparaît comme une ligne à part sur la facture générée automatiquement, distincte du prix du séjour et de vos éventuelles commissions. Vous obtenez un montant à reverser par commune et par période, prêt à être déclaré, sans ressaisie. Pour les définitions des termes utilisés ici, le glossaire de la location courte durée reprend la taxe de séjour et les notions voisines en langage simple.
Questions fréquentes
La taxe de séjour est-elle obligatoire partout ? Non. Elle n'existe que dans les communes et intercommunalités qui l'ont instaurée par délibération. Vérifiez auprès de votre mairie si elle s'applique et à quel tarif avant de la facturer à vos voyageurs.
Dois-je encore la collecter si je loue uniquement via Airbnb ? Souvent non, car dans beaucoup de communes la plateforme collecte et reverse la taxe directement. Mais cela dépend de la commune et du canal. Pour toute réservation que vous encaissez vous-même, en direct par exemple, la collecte et le reversement vous reviennent.
Les enfants paient-ils la taxe de séjour ? Non. Les personnes de moins de 18 ans sont exonérées au régime réel. Vous ne comptez la taxe que sur les voyageurs majeurs présents pendant le séjour.
Comment calculer la taxe pour un logement non classé ? Vous appliquez le taux voté par la commune, entre 1 et 5 pour cent, au prix par personne et par nuit hors taxes, dans la limite du tarif le plus élevé voté pour les hébergements classés hors palaces, soit au maximum 3,60 euros par personne et par nuit en 2026.
Calculer le montant exact pour votre commune
Les barèmes étant votés commune par commune, le seul moyen d'obtenir un montant juste est de partir de la délibération qui s'applique à votre logement. Nous mettons à disposition un calculateur gratuit de taxe de séjour qui interroge directement les barèmes publiés en données ouvertes par l'administration fiscale.
Vous y renseignez la commune, le classement du meublé, la durée du séjour et le nombre d'adultes. L'outil applique le régime qui convient, réel ou proportionnel, tient compte de l'exonération des mineurs et du plafond légal, et vous indique le millésime du barème utilisé. Aucune inscription n'est demandée.
Ce guide n'est pas un conseil fiscal
Les informations de ce guide sont données à titre pédagogique et reflètent le cadre national connu à sa date de mise à jour. Elles ne remplacent pas un conseil personnalisé. StayCore édite un logiciel de gestion locative et n'est pas votre conseiller fiscal.
Retenez surtout un point : les tarifs de la taxe de séjour sont votés commune par commune et révisés chaque année. Un chiffre exact aujourd'hui dans une ville peut être différent ailleurs ou l'an prochain. Vérifiez toujours le barème en vigueur auprès de votre mairie, de votre intercommunalité ou sur les sites officiels de l'administration, et rapprochez-vous d'un expert-comptable pour votre situation précise si vous avez un doute.